Veille média

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Veille media du 20 au 24 juillet 2026

  

L'humeur globale 

L'actualité de la semaine a été marquée par la sévérité des arbitrages du budget 2027 : le ministère du Travail devrait être le plus touché par les réductions budgétaires (-1,9 milliard d'euros), alors même que le chômage atteint 8,1 %, son plus haut niveau depuis cinq ans. Un choix dénoncé comme contradictoire par l'ensemble des organisations syndicales, qui craignent un recul du soutien public à l'emploi en pleine dégradation conjoncturelle.

Parallèlement, le compte personnel de formation (CPF) est au cœur des tensions : le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, souhaite conditionner son utilisation à une validation préalable par un tiers de confiance. Ce projet, perçu comme une remise en cause de l'esprit de la loi « Avenir professionnel » de 2018, suscite une opposition unanime, de la CFDT à l'ancienne ministre Muriel Pénicaud en passant par les acteurs de la formation professionnelle.

Enfin, une décision favorable au travail temporaire : le Conseil d'Etat a partiellement censuré, le 15 juillet, l'arrêté plafonnant les dépenses d'intérim dans les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, à la suite d'un recours porté notamment par Prism'emploi. Le gouvernement dispose de six mois pour corriger le texte.


 

    

   

Ce qu'il faut retenir cette semaine 

  

L'actualité de Prism'emploi

L'actualité récente a été marquée par une décision du Conseil d'Etat, rendue le 15 juillet et publiée au Journal officiel du 19 juillet, censurant partiellement l'arrêté du 5 septembre 2025 fixant le plafond des dépenses d'intérim pour les établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux. Le recours était notamment porté par le syndicat professionnel Prism'emploi. La juridiction relève plusieurs irrégularités : des plafonds insuffisants pour couvrir certaines indemnités de sujétions, l'oubli des infirmiers de bloc opératoire non titulaires du diplôme d'Etat, une entrée en vigueur rétroactive illégale et enjoint au gouvernement de corriger le texte dans un délai de six mois. Hospimedia, 21.07.2026.

 

 I. Actualités économiques
 

A) Bilan et perspectives

   

1. Chômage : 8,1 % au premier trimestre 2026, le plus haut niveau depuis cinq ans 

Selon l'Insee, le taux de chômage a augmenté de 0,2 point sur un an pour atteindre 8,1 % fin mars, avec une prévision à 8,4 % d'ici la fin 2026. La dégradation touche particulièrement les jeunes et les entreprises de taille intermédiaire, dont les suppressions d'emplois ont bondi de 255 % au deuxième trimestre. Insee / Le Figaro, 22.07.2026


2. Repli des créations d’entreprises en juin 2026 

En juin 2026, le nombre total de créations d’entreprises, tous types d’entreprises confondus et en données corrigées des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables, se replie partiellement après la forte hausse de mai (-2,2 % après +10,6 %). Les immatriculations de micro-entrepreneurs repartent à la baisse (-3,1 % après +13,5 %), tout comme les créations d’entreprises individuelles classiques (-2,7 % après +8,6 %), tandis que les créations de sociétés ralentissent (+0,7 % après +3,6 %). Insee, 21.07.2026


3. Emploi des jeunes diplômés : les grandes écoles aussi touchées par la crise 

L'enquête annuelle de la Conférence des grandes écoles montre un recul de 4 points de l'insertion professionnelle des jeunes diplômés (76 % contre 80 % un an plus tôt), les ingénieurs étant les plus touchés, en partie du fait de l'essor de l'IA dans certains secteurs d’activité tels que le conseil et les ESN. Le Parisien, 20.07.2026


4. Dette publique : FMI, Commission européenne, Cour des comptes et OCDE tirent la sonnette d'alarme 

Dans une tribune, l'économiste Olivier Klein souligne la convergence inédite de quatre institutions sur l'urgence d'un redressement structurel des finances publiques françaises, la dette ayant atteint 117,5 % du PIB fin mars. Les Echos, 20.07.2026
 

 

B) Projections et propositions d’acteurs

 

1. Budget 2027 : le ministère du Travail, premier touché par les réductions budgétaires, les syndicats outrés

Avec 1,9 milliard d'euros d'économies demandées, le ministère du Travail est le plus mis à contribution du budget 2027, alors que le chômage remonte. La CGT, la CFDT et l'Unsa dénoncent une décision incompréhensible et contradictoire avec les priorités affichées pour l'emploi. Libération, 20.07.2026


2. L’Etat ne doit plus piller l’assurance-chômage

Dans une tribune signée par une centaine de sénateurs de droite et du centre, Mathieu Darnaud et Frédérique Puissat appellent le gouvernement à renoncer à puiser dans les comptes de l’Unédic. « L’assurance-chômage a été conçue pour protéger les salariés contre les aléas économiques, non pour combler les impasses budgétaires de l’Etat. En obligeant l’Unédic à s’endetter davantage, ces prélèvements fragilisent sa capacité à faire face à une future crise économique ou à une remontée du chômage ». L'Opinion, 19.07.2026


3. Le Medef se félicite du maintien des financements de l'apprentissage en 2027

L'organisation patronale salue l'annonce du ministre du Travail de préserver les aides à l'embauche d'apprentis et l'enveloppe des CFA, après avoir alerté sur le risque qu'un nouveau coup de rabot ferait courir à ce dispositif jugé essentiel pour la jeunesse. Medef, 17.07.2026

 

II- Actualités politiques et règlementaires 
 

1. Loi contre les fraudes sociales et fiscales : nouvelles sanctions en santé et sécurité au travail

La loi publiée le 26 juin crée une amende administrative pouvant atteindre 4 000 euros par salarié en cas d'absence de document unique d'évaluation des risques (DUERP), renforce les sanctions liées au compte professionnel de prévention (C2P) et élargit l'accès au passeport de prévention. Actuel RH, 21.07.2026


2. Formation professionnelle : vers un nouveau coup de rabot sur le CPF

Bilans de compétences et peut-être permis de conduire : le gouvernement va probablement plafonner les achats de ces formations via le compte personnel de formation (CPF). A la clé, jusqu'à 250 millions d'euros d'économies. Les Echos, 24.07.2026


3. Congé de naissance : un « choc organisationnel » pour les entreprises depuis le 1er juillet

L'entrée en vigueur du congé supplémentaire de naissance, permettant à chaque parent de s'absenter un à deux mois de plus, pourrait accroître le recours à l'intérim spécialisé et au freelance pour sécuriser la continuité d'activité. La Tribune, 19.07.2026
 

   

III - Tribune

Hausse du SMIC : le paradoxe qui fragilise les emplois de proximité

Dans une tribune, Didier Chataing et Pierre Vion-Lombard, cofondateurs d'Assadia, alertent sur les effets du gel des allègements de cotisations patronales concomitant à la revalorisation du SMIC. Pour un salarié au SMIC, le gain net perçu ne progresserait que de 1,87 % quand le coût total employeur augmenterait de l'ordre de 5 %. Un effet ciseau qui menace particulièrement les services à la personne, où plus de 4 intentions d'embauche sur 10 sont recensées et où 57 % des projets de recrutement sont déjà jugés difficiles. Les auteurs appellent à évaluer secteur par secteur l'impact de ces mesures et à prévoir des dispositifs de transition pour les activités les plus exposées. La Tribune, 19.07.2026.
 

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