Rapport économique et social 2021

Après la chute historique du PIB (- 8,0 %) enregistrée en 2020, l’activité économique est repartie à la hausse en 2021 (+ 7 %), retrouvant même en fin d’année son niveau d’avant-crise. Dans ce contexte, le travail temporaire, secteur particulièrement sensible à la conjoncture, qui avait perdu 150 000 emplois en 2020, s’est lui aussi progressivement redressé pour retrouver, au quatrième trimestre, un niveau similaire à celui de 2019. L’accélération de la reprise dans les tout derniers mois de l’année n’efface toutefois pas une baisse moyenne de 4 % en 2021, comparée à l’année de référence qu’est 2019.

En dépit des fortes perturbations induites par la crise du Covid, l’économie a donc fait preuve d’une remarquable capacité de rebond, et l’intérim en a été l’un des acteurs. La pandémie s’est à la fois traduite par des destructions massives d’emplois dans certains secteurs et par d’importantes créations dans d’autres. Les entreprises dans les domaines de la santé, du commerce électronique, du numérique, de la logistique ont résisté, voire se sont développées, quand d’autres, dépendantes du tourisme, du transport, des loisirs, de l’événementiel, ou de fournisseurs ne pouvant plus honorer leurs commandes, ont été confrontées à de graves difficultés. Ainsi, les besoins en emploi ont sensiblement évolué, nécessitant le redéploiement de nombreuses compétences.

Les agences d’emploi ont activement contribué à réorienter les candidats en recherche d’emploi vers les secteurs porteurs.

  • Avec un total de 11 237 agences d’emploi, 460 nouvelles entités ont été ouvertes en 2021, renforçant ainsi la capacité d’action des entreprises de travail temporaire auprès des candidats et des entreprises utilisatrices. Là où une personne en CDD se retrouve seule en fin de mission, le salarié intérimaire bénéficie de la connaissance du marché du travail de son agence, lui permettant d’être accompagné vers les métiers en croissance.
  • Les transformations de l’économie ont accentué les problèmes d’appariement entre l’offre et la demande sur le marché du travail, les compétences disponibles correspondant de moins en moins à celles recherchées. Les agences d’emploi se sont donc attachées à former davantage, de manière à répondre aux nouveaux besoins des recruteurs. Pour ce faire, en 2021, elles ont notamment mis en oeuvre, avec les partenaires sociaux de la branche, un accord renforçant les fonds conventionnels réservés à la formation des intérimaires.
  • Dans un environnement économique incertain, elles ont par ailleurs signé 30 000 CDI intérimaires supplémentaires, sécurisant la situation professionnelle de 50 000 salariés, en leur apportant des garanties en matière d’employabilité et de rémunération (y compris entre les missions).

   

Entre le quatrième trimestre 2019 et le quatrième trimestre 2021, ce sont ainsi près de 200 000 emplois – soit le quart des effectifs intérimaires – qui ont changé de nature sectorielle, démontrant l’ampleur de la contribution des entreprises de travail temporaire au soutien à la reprise [...]

Prism'emploi - Rapport Economique et Social 2021

 

    

  

Rapport économique et social 2020

Avec une chute du PIB de 8,3 %, l’année 2020 est marquée par une rupture économique inédite. Le travail temporaire, secteur particulièrement sensible à la conjoncture, a, dans ce contexte, reculé de 23,6 %. 

Si les deux premiers mois de l’année se sont inscrits dans la continuité des tendances de 2019 (avec une baisse d’environ 5 %), la crise sanitaire survenue à la mi-mars a fait plonger l’intérim. En quelques jours, le nombre d’intérimaires en mission s’est effondré (- 65 %), restant ensuite tout au long du premier confinement bloqué aux alentours de - 50 %. Le « déconfinement » en mai a conduit mécaniquement à une amélioration de la situation (- 20,9 % au troisième trimestre) puis à un redressement lent et progressif. Toutefois, les incertitudes liées à la pandémie n’ont pas permis de reprise franche en fin d’année (- 12,1 % au quatrième trimestre). 

En dépit de cette crise historique, les agences d’emploi ont adopté une attitude résolument volontariste, tournée vers l’avenir et positionnée en faveur d’une reprise rapide. Avec plus de 10 000 agences en fin d’année 2020, celles-ci ont maintenu leur capacité d’action. Avec le CDI intérimaire, qui permet de sécuriser la situation de leurs salariés y compris pendant les périodes d’intermission, elles ont continué de développer (au rythme de 20 000 nouveaux contrats annuels) cette solution opérationnelle et originale.

L’histoire économique nous montre que les chocs conjoncturels accélèrent les mutations de l’emploi. La crise de la Covid-19 est, à cet égard, un cas d’école : elle s’est traduite par un effet différencié sur l’activité des entreprises selon leurs secteurs [...]

Prism'emploi - Rapport économique et Social 2020

 

Rapport économique et social 2019

L’année 2019 constitue une année de transition. Après quatre ans de progression, l’emploi intérimaire s’est contracté (- 4,4 %). La conjoncture internationale moins porteuse, les difficultés spécifiques rencontrées par le secteur industriel et tout particulièrement l’automobile, ont pénalisé cette forme d’emploi qui joue souvent le rôle de variable d’ajustement à la hausse comme à la baisse. Dans ce contexte, la tertiairisation du travail temporaire s’est accélérée, avec un secteur tertiaire qui pèse désormais davantage que l’industrie dans la structure des missions réalisées.

Parallèlement à l’intérim, l’activité de recrutement des agences d’emploi s’est maintenue à un niveau élevé avec plus de 100 000 réalisations et le CDI intérimaire, qui permet de sécuriser l’emploi entre les missions, s’est déployé au rythme de 30 000 contrats annuels. 

Les deux premiers mois de 2020 se sont inscrits dans la continuité des tendances de 2019 avant que ne survienne, à la mi-mars, la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus. En quelques jours, l’emploi intérimaire s’est effondré (- 65 %), restant bloqué à ce niveau tout au long du confinement. Ainsi, entre la mi-mars et la fin avril, c’est l’équivalent de 475 000 emplois qui ont été détruits dans le secteur du travail temporaire, effaçant près d’un quart de siècle de croissance avec le plus bas niveau enregistré depuis 1996. Au cours de cette période, l’activité partielle a permis d’atténuer la baisse, laquelle s’est située aux alentours de - 50 %. 

Le « déconfinement » en mai a conduit mécaniquement à une amélioration de la situation, mais celle-ci demeure préoccupante : à la fin du premier semestre, seule la moitié des emplois intérimaires détruits ont été regagnés [...]

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