En octobre 2021, le travail temporaire (contrats de travail temporaire et CDI intérimaires) dénombre 797 710 emplois en équivalent temps plein (ETP), soit une hausse de 1,7% par rapport à octobre 2019, correspondant à la création de 13 570 ETP par rapport à la situation d’avant crise. 

L’intérim, secteur particulièrement sensible à la conjoncture, bénéficie en octobre de l’amélioration générale de l’activité économique et pour la première fois dépasse son niveau d’avant-crise. La progression observée reste toutefois modeste et s’inscrit dans une tendance lente et progressive à la normalisation du recours au travail temporaire. Celle-ci doit être interprétée avec prudence tant l’évolution de la situation économique demeure incertaine pour les prochains mois compte tenu de la recrudescence des difficultés sanitaires.

A l’exception du BTP, orienté à la baisse, le travail temporaire se développe ce mois-ci dans les autres grands secteurs utilisateurs, dans des proportions variées.

  • Avec 0,2% (par rapport à octobre 2019), l’intérim cesse pour la première fois depuis juin 2018 de reculer dans l’industrie.
  • Le commerce croît de 3,9% (par rapport à octobre 2019) soit 2,3 points de plus que la moyenne des secteurs.
  • Après une stabilisation en septembre (+0,9%), le travail temporaire enregistre un rebond de 9,6% dans les services (par rapport à octobre 2019). Ce développement s’explique à la fois par la normalisation dans l’hôtellerie-restauration, les besoins importants d’emplois dans le médico-social mais aussi en raison du développement du CDI Intérimaire, qui pour des raisons de nomenclature, est comptabilisé dans les services quel que soit le secteur utilisateur de ce contrat.
  • La croissance des effectifs intérimaires des transports-logistique s’accélère avec + 16% (par rapport à octobre 2019) portée par le besoin de main d’œuvre sur les sites logistiques.
  • A contrecourant de la tendance générale, le BTP demeure très en retrait (-12,8% en octobre comparé au même mois de l’année 2019) pénalisé, selon les régions, par les difficultés de recrutement ou les pénuries de matériaux.

Dans ce contexte, l’évolution des effectifs ouvriers, impactée par la situation dans l’industrie et le BTP, sont caractérisées par une baisse de -1,6% pour les ouvriers qualifiés et une augmentation de 1,3% pour les ouvriers non-qualifiés. Les autres métiers, portés par la relative tertiairisation des effectifs progressent de 8,2% tant pour les cadres et professions intermédiaires que pour les employés.

  

La majorité des secteurs sont en hausse

L’emploi intérimaire augmente dans les transports (+16,0 %), dans les services (+9,6 %), dans le commerce (+3,9 %) et dans l’industrie (+0,2 %), mais diminue dans le BTP (-12,8 %).

La majorité des qualifications sont en hausse

L’emploi intérimaire augmente chez les cadres et professions intermédiaires (+8,2 %), les employés (+8,2 %) et les ouvriers non qualifiés (+1,3 %), mais diminue chez les ouvriers qualifiés (-1,6 %).

tableau

  

LE CDI INTÉRIMAIRE

En octobre 2021, le CDI Intérimaire représente 49 746 ETP, correspondant à 6,2% des effectifs des agences d’emploi.

Dans un environnement économique et sanitaire appelant à renforcer la sécurisation des parcours, celles-ci ont accru le nombre de leurs salariés en CDII de 7 400 ETP sur un an, correspondant à une hausse de 17,5%.  

Sur les territoires, le recours au CDII est nettement surreprésenté en Pays de la Loire (9,7 %), dans les Hauts-de-France (9,5 %) et en Bourgogne-Franche-Comté (8,8 %). C’est en Bretagne et en Ile-de-France, avec respectivement 4,2 % et 3,8 % des effectifs, que ce type de contrats demeure le moins développé.

La répartition géographique des CDII se concentre à plus de 40 % dans 3 régions caractérisées par une forte orientation industrielle : Haut-de-France : 13,9 %, Auvergne-Rhône-Alpes : 13,6 % et Pays de la Loire : 12,9 %.

carte1

LA FRANCE DES RÉGIONS 

Octobre 2021 par rapport à octobre 2019

Dix régions sont en hausse

Les spécialisations sectorielles des bassins d’emploi ont un effet différenciant sur les évolutions géographiques. Parmi les régions métropolitaines, 4 d’entre elles portées par l’essor des activités transport-logistique, enregistrent une croissance de plus de 5% (par rapport à l’avant crise) : Nouvelle-Aquitaine avec 6,9%, PACA avec 6,5% ; et Centre Val de Loire avec 6,5%, Pays-de-la-Loire avec 5,3%.
A l’opposé la situation en Bourgogne-Franche-Comté (-7,4%) et en Ile-de-France (-5,2%) demeure préoccupante.

Carte2