Publié le 25 janvier 2016

Préserver l’Intérim dans la fonction publique pour maintenir l’idée d’un service public !

Souvent, le mieux est l’ennemi du bien… Voulant à tout prix pousser l’Etat à n’engager que des fonctionnaires avec un statut, les organisations syndicales plaident pour la suppression du recours à l’intérim dans la fonction publique d’État et des collectivités territoriales.

Cette idée est aujourd’hui évoquée dans le cadre du projet de loi relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires. Cette éventualité est totalement incompréhensible pour aux moins deux raisons principales. D’abord, elle va fragiliser les services publics au moment où ils sont confrontés à des défis qui pourraient poser la question même de leur continuité. Ensuite parce qu’il est toujours incroyable de freiner d’une manière ou d’une autre toute forme d’embauche. 

 

Depuis quelques années, la France s’efforce de sécuriser les parcours professionnels. Beaucoup réfléchissent au contrat unique qui en échange de la flexibilité offrirait une plus grande garantie aux salariés. En effet, on vise un modèle économique alliant flexibilité et besoins de sécurité des salariés, un modèle de « flexisécurité » adapté aux spécificités françaises. Or, la fonction publique, comme toute organisation, a besoin de flexibilité ! De plus, l’intérim offre à tous les non-titulaires un statut bien plus avantageux que celui des contractuels... Le salarié intérimaire bénéficie des mêmes droits que le salarié en CDI (salaire équivalent, indemnité de fin de mission, indemnité compensatrice des congés payés),  tandis que le contractuel peut voir son contrat renouvelé pendant plusieurs années et ne percevoir aucune indemnité quand celui-ci s’achève.

S’opposer à tout prix au recours à l’intérim pour la fonction publique pourrait se révéler  catastrophique d’un point de vue économique.  Le service public doit en effet faire face aujourd’hui à de vives restrictions budgétaires. Dans ces conditions, l’intérim peut l’aider à maîtriser cette contrainte en lui permettant de faire face à des surcroîts temporaires d’activité sans pour autant augmenter de manière inconsidérée la masse salariale. Il permet, en clair, de limiter les dépenses fixes.

Contrairement à une idée reçue, la présence d’intérimaires au sein de la fonction publique ne la fragilise pas, bien au contraire. Elle garantit la continuité d’un service public de qualité et le consolide en tant que tel.  

Les entreprises de travail temporaire ont démontré depuis longtemps leur capacité à apporter une réponse efficace, rapide et coordonnée aux attentes du service public.   

Pourquoi l’interdire alors qu’il peut aider plusieurs centaines de collectivités territoriales et d’administrations dans une meilleure gestion économique ?

Enfin, au moment où l’on évoque la nécessaire modernisation de la fonction publique, notamment en la comparant à celle de nos voisins et partenaires européens, en décidant de ne plus offrir la moindre flexibilité aux différentes administrations et collectivités territoriale, on abîme la notion même de service public.

En Europe, on considère que les formes souples de contrats constituent un moyen d’adapter efficacement le marché du travail aux exigences économiques, de créer davantage d’emplois et d’améliorer notamment l’insertion professionnelle des travailleurs jeunes. Aujourd’hui comme demain, la valeur ajoutée de l’intérim permettra de répondre aux mutations du marché de l’emploi, et surtout de renforcer ce à quoi les Français sont le plus attachés : un service public de qualité… Et ce service passe par le maintien de l’intérim.

 

Gilles LAFON, Président de Prism’emploi – Professionnels du recrutement et de l’intérim