Publié le 01 février 2019

Au cours de l’année 2018, l’emploi intérimaire a progressé en moyenne de +1,8 %, correspondant à la création de près de 13 000 emplois en équivalent temps plein. Depuis la reprise du marché du travail temporaire en 2015, ce sont ainsi 200 000 emplois en équivalent temps plein qui ont été créés par le secteur.
Les évolutions trimestrielles ont été caractérisées par un premier semestre dynamique : +8,8 % au premier trimestre puis +4,8 % au deuxième. L’année s’est poursuivie par une stagnation au troisième trimestre avec -0,4 % et s’est conclue par un recul au quatrième trimestre de -4,8 %.

Les évolutions sectorielles, relativement homogènes en 2017, ont été plus disparates en 2018.
Avec +6,4 % sur l’année, le secteur des services a enregistré la plus forte croissance. Les secteurs du BTP et des transports ont connu un développement quasi similaire (respectivement +4,4 % et +3,8 %) tandis que le commerce a stagné (+0,4 %). Enfin, l’industrie a connu une dégradation continue sur l’année avec -0,4 %.

En 2018, toutes les catégories professionnelles sont orientées à la hausse. Toutefois, les cadres et professions intermédiaires et les employés se démarquent avec une progression de +3,5 %. Les ouvriers qualifiés progressent de +1,3 % et les ouvriers non qualifiés de +0,9 %.

En 2018, l’emploi intérimaire a progressé dans toutes les régions, à l’exception de l’Occitanie (-0,7 %) et de la Normandie (-1,0 %).

DONNÉES NATIONALES POUR L'ANNÉE 2018

   

ÉVOLUTION DES EFFECTIFS INTÉRIMAIRES

Le travail temporaire ralentit en 2018 tout en restant à un niveau historiquement élevé

Les tendances mensuelles, comprises entre +10,4 % en mars et -5,9 % en décembre, sont restées positives jusqu’en août 2018. Le tassement observé à partir du mois de septembre a continué tout au long du 4e trimestre.

Courbe globale de l’évolution des effectifs intérimaires (par mois)

   

ÉVOLUTION DES EFFECTIFS INTÉRIMAIRES PAR GRAND SECTEUR D'ACTIVITÉ

Les services dynamisent le marché tandis que l’industrie recule nettement

Les tendances trimestrielles par secteur ont été particulièrement volatiles, notamment dans les transports, qui sont passés de +17,0 % au premier trimestre à -8,9 % au quatrième trimestre. De même, mais dans une moindre mesure, l’industrie a connu une dégradation continue passant de +8,9% au premier trimestre à -9,1% au quatrième trimestre. Le BTP et les services ont enregistré des évolutions moins heurtées et positives tout au long de l’année. Le BTP est ainsi resté dans une fourchette de tendances comprise entre +6,5 % au premier trimestre et +2,8 % au second. Dans le secteur des services, l’évolution a été particulièrement stable, comprise entre +6,9 % au premier trimestre à +4,6 % au quatrième.
Le travail temporaire est particulièrement sensible à la conjoncture des secteurs : il permet aux entreprises de réagir immédiatement aux variations de l’activité et anticipe, avec environ 6 mois d’avance, la tendance sur le marché du travail.

  

    

Évolution sur l’année des effectifs intérimaires de chaque secteur d’activité

    

ÉVOLUTION DES EFFECTIFS INTÉRIMAIRES PAR QUALIFICATION

Les cadres et professions intermédiaires et les employés, moteurs de l’année 2018

Le travail temporaire chez les ouvriers non qualifiés a été particulièrement dynamique au premier trimestre (+10,7 %) mais a connu une baisse qui s’est amplifiée tout au long de l’année (+3,8 % au deuxième trimestre, -2,7 % au troisième trimestre et -6,4 % au 4ème trimestre). Les métiers des ouvriers qualifiés ont connu le même type d’évolution mais avec des écarts moins marqués (entre +7,2 % au premier trimestre et -5,2 % au 4ème trimestre). Les cadres et professions intermédiaires et les employés connaissent également un ralentissement puis une baisse au 4ème trimestre mais de moins grande ampleur.

   

   

LA FRANCE DES RÉGIONS

En 2018, l’emploi intérimaire progresse dans toutes les régions à l’exception de l’Occitanie (-0,7 %) et de la Normandie (-1,0 %).

Les régions les plus dynamiques dans les domaines des services et du BTP, sont celles qui tirent leur épingle du jeu : Auvergne-Rhône-Alpes (+5,1 %), PACA (+3,9 %) et Pays-de-la-Loire (+3,4 %).

   

  

ÉVOLUTION DU NOMBRE DE RECRUTEMENTS

Le recrutement atteint en 2018 son niveau le plus élevé depuis la mise en œuvre du service

En 2018, les agences d’emplois franchissent le cap des 100 000 recrutements annuels avec une progression comprise entre +10 % et +13 %1. L’année 2018 consacre ainsi le plus haut niveau atteint par cette activité depuis sa création en 2005 et confirme la place des agences d’emploi comme premier recruteur de France.

    

ÉVOLUTION DU NOMBRE DE CDI INTÉRIMAIRES SIGNÉS

Le CDI intérimaire poursuit sa montée en puissance

En 2018, 25 200 CDI intérimaires ont été signés, correspondant à la signature de 2 100 nouveaux contrats en moyenne chaque mois. Ce sont ainsi 51 600 CDII qui ont été signés depuis la mise en œuvre de ce nouveau contrat. En tenant compte des créations d’emploi en CDII, la tendance annuelle de l’emploi intérimaire se situerait donc à près de +4,0 % au lieu de +1,8 %, hors CDII.

Outil de mise en œuvre de la flexisécurité à la française, le CDII traduit l’engagement du secteur en faveur d’un marché de l’emploi plus inclusif. Entré en vigueur en 2014, ce nouveau contrat s’est imposé sur le marché du travail comme une solution alternative permettant aux salariés intérimaires de bénéficier de la sécurité d’un CDI et de dispositifs de formation. Les entreprises utilisatrices conservent la souplesse du recours à un salarié pour des missions ponctuelles et les agences d’emploi fidélisent leurs salariés. En effet, c’est l’entreprise de travail temporaire qui rémunère le salarié en CDII pendant les périodes d’intermission. En septembre 2018, le CDII fait son entrée dans le code du travail, entériné par la loi « Avenir Professionnel. »

   

Évolution du nombre de CDI intérimaires depuis son entrée en vigueur

   

  

COMMENTAIRE GÉNÉRAL POUR DÉCEMBRE 2018

En décembre 2018, le travail temporaire diminue de -5,9 %, correspondant à la baisse mensuelle la plus marquée de l’année.

Dans le détail sectoriel, le travail temporaire poursuit son développement dans le BTP (+2,1 %) et les services (+ 3,7 %) mais à un rythme moins soutenu qu’au cours du mois de novembre (respectivement +3,3 % et +6,5 %). En décembre, la tendance dans le secteur industriel (-9,0 %) reste comparable à celle observée depuis octobre. Les secteurs sensibles à la consommation des ménages, en premier lieu le commerce et dans une moindre mesure, les transports, enregistrent une nette dégradation passant de +1,4 % à -2,8 % pour le commerce et de -7,9 % à -12,8 % dans les transports. La « crise des gilets jaunes » pourrait constituer un facteur d’explication de la dégradation dans ces deux secteurs.

Dans ce contexte, toutes les catégories professionnelles observent un recul. Les cadres et professions intermédiaires (-3,1 %) et les ouvriers non qualifiés (-5,6 %) sont les catégories qui connaissent une évolution légèrement supérieure à la moyenne.

La baisse du travail temporaire observée en décembre doit toutefois être relativisée :

  • Orienté à la hausse depuis janvier 2015, le travail temporaire se situe désormais à un niveau historiquement élevé et continue de progresser en 2018 avec +1,8% en cumul sur l’année ;
  • Avec près de 52 000 CDI intérimaires signés à fin décembre, cette nouvelle forme d’emploi continue de se développer de façon complémentaire aux contrats d’intérim classiques. Depuis un an, environ 25 000 CDII supplémentaires ont été mis en œuvre par les agences d’emploi. Ainsi, en tenant compte de ce type de contrat, la tendance du mois se situerait plutôt aux alentours de -3,3 %.

  

La majorité des secteurs en recul

L'emploi intérimaire progresse dans les services (+3,7 %) et le BTP (+2,1 %). En revanche, il recule dans le commerce (-2,8 %), l’industrie (-9,0 %) et les transports (-12,8 %).

Toutes les qualifications en baisse

Les effectifs intérimaires reculent chez les cadres et professions intermédiaires (-3,1 %), les ouvriers non qualifiés (-5,6 %), les employés (-6,8 %) et les ouvriers qualifiés (-7,3 %).

La majorité des régions en baisse

Seule la région PACA est orientée à la hausse avec +0,1 %.

   

   

1Estimation élaborée sur la base des trois premiers trimestres de 2018.