Publié le 05 février 2020

Au cours de l’année 2019, l’emploi intérimaire diminue de -4,4 %. Les évolutions mensuelles sont comprises entre -0,6 % et -6,7 % marquant une relative homogénéité au cours de la période.

COMMENTAIRE GÉNÉRAL POUR L’ANNÉE 2019

   

2019 a été une année contrastée pour les acteurs économiques en raison :

  • d’un ralentissement de la croissance du PIB (probablement 1,2 % cette année contre 1,5 % en 2018 et 2,3 % en 2017), sous l’effet d’un moindre investissement des entreprises, premier moteur de l’activité depuis 2017 ;
  • d’une déstabilisation en Europe tant politique (Brexit…) qu’économique (risque de récession en Allemagne) ;
  • de tensions commerciales et géopolitiques à l’international et de la montée des risques climatiques ;
  • d’une succession de contestations sociales, avec dans certains secteurs un impact significatif (distribution, hôtellerie-restauration, transports et logistiques) ;
  • et en parallèle, de la poursuite de la création d’emploi salarié en France (258 000 emplois créés – chiffres INSEE au 3ème trimestre 2019) bridée par des pénuries de compétence.

   

Une baisse modérée de l’emploi intérimaire en 2019 et la poursuite de l’essor de l’activité recrutement

   

Au cours de l’année 2019, l’emploi intérimaire diminue de -4,4 %. Les évolutions mensuelles sont comprises entre -0,6 % et -6,7 % marquant une relative homogénéité au cours de la période.

Cette contraction correspond à une baisse d’environ 33 000 emplois intérimaires en équivalent temps plein qu’il faut toutefois nuancer :

  • Celle-ci intervient après quatre années consécutives de développement au cours desquelles 280 000 emplois intérimaires ont été créés.
  • Parallèlement à l’intérim, le CDI intérimaire se déploie au rythme de 22 000 contrats supplémentaires pérennes recrutés par les agences d’emploi en 2019, permettant de limiter les effets de la baisse des contrats d’intérim à -11 000.

La loi de cohésion sociale de janvier 2005, a élargi le champ d’action des agences leur donnant la possibilité d’exercer, conjointement à l’intérim, une activité de recrutement.

En 2019, avec 110000 recrutements soit une hausse de 5% par rapport à 2018, les agences d’emploi apparaissent comme le premier recruteur de France.

    

Courbe globale de l'évolution des effectifs intérimaires (par mois)

Les évolutions mensuelles au cours de l’année 2019 sont comprises entre -0,6 % et -7,6 %. Le point le plus haut est survenu en novembre.

         

Courbe de l’évolution du nombre de recrutements (par année)

     

  

Des évolutions variées selon les secteurs

    

Avec -8,1 %, c’est dans l’industrie que la dégradation est la plus accentuée (avec des baisses mensuelles relativement homogènes). Ce secteur utilisateur affronte en effet plusieurs vents contraires : durcissement de la conjoncture internationale, difficultés spécifiques au marché allemand et profonde mutation de la construction automobile. Dans ce contexte, l’intérim qui joue souvent le rôle de variable d’ajustement à la hausse comme à la baisse, a été durement impacté.

Le BTP connait en revanche en 2019 des tendances mensuelles comprises entre -3,8 % et 12,9 %. Cette variabilité s’explique car l’intérim y joue un rôle central pour affronter les fluctuations d’activité, très marquées dans ce secteur, tant pour des raisons climatiques que conjoncturelles. En moyenne l’intérim y progresse de 2,9 % en 2019.
La légère dégradation du secteur du commerce (-2,2 %) masque également des évolutions mensuelles heurtées, liées aux comportements de consommation probablement perturbés par les crises sociales.

Après avoir été le secteur le plus dynamique entre 2015 et le premier semestre 2018, le secteur transports et logistique se situe en dessous de la moyenne des secteurs avec un recul de 6,1 % en 2019. Comme l’industrie, il est particulièrement exposé au commerce extérieur, en partie responsable de la baisse. Cette dégradation doit toutefois être mise en perspective avec un effet de base élevé : l’intérim a augmenté depuis 2015 de 45 % dans ce secteur, soutenu en premier lieu par les activités logistiques. En outre, la dégradation s’est atténuée au troisième trimestre pour repartir à la hausse au 4ème trimestre (+5,6 %).

En 2019, comme l’année précédente, les Services apparaissent comme un relais de croissance solide (+1,6 %) sous le double effet d’un développement de l’emploi dans ces secteurs et d’une progression du recours à l’intérim.

    

Tendance annuelle des effectifs intérimaires par secteur d’activité

   

   

Évolution sur l’année des effectifs intérimaires de chaque secteur d’activité

     

     

Des évolutions différentes selon les qualifications

   

L’élévation des qualifications des intérimaires s’est poursuivie en 2019, répondant aux besoins de compétences sur le marché du travail : les cadres et professions intermédiaires s’accroissent de +2,5 %, dans le même temps les employés reculent de -4,5 %, les ouvriers non-qualifiés de -5 % et les ouvriers qualifiés de -6,4 %.

Même si l’intérim concerne en majorité des emplois ouvriers, les « cols blancs » (employés, cadres et professions intermédiaires) comptent désormais pour 26 % des effectifs.

   

Tendance annuelle des effectifs intérimaires par qualification

   

     

LA FRANCE DES RÉGIONS - Cumul annuel : janvier-décembre 2019 (%)

En 2019, l’emploi intérimaire diminue dans l’ensemble des régions, à l’exception de la Bretagne (+1,0 %).

Au cours de l’année 2019, l’emploi intérimaire a enregistré une baisse de -4,4 % par rapport à 2018.

   

     

EVOLUTION DU NOMBRE DE CDI INTÉRIMAIRES SIGNÉS

Le CDI intérimaire poursuit sa montée en puissance

    

Évolution du nombre de CDI intérimaires depuis son entrée en vigueur

Plus de 82 000 CDI intérimaires ont été signés à fin décembre 2019.

      

    

COMMENTAIRE GÉNÉRAL POUR DÉCEMBRE 2019

Dans le prolongement des évolutions observées tout au long de l’année 2019 (-4,4 % en moyenne), le travail temporaire recule de -5,1 % en décembre.

  • C’est dans l’industrie (-10,2 %) que la tendance reste la plus défavorable, avec une nette dégradation par rapport au mois précédent (-4 points de moins qu’en novembre).
  • Avec -5,5 %, la situation observée dans le secteur du commerce, sans doute pénalisé par les mouvements sociaux, se situe à l’un des niveaux les plus bas observés cette année.
  • Les secteurs BTP (-3,8 %) et Services (-3,7 %), après avoir rebondi en novembre, connaissent un nouveau décrochage et retrouvent le trend des mois de septembre-octobre.
  • Seul le secteur des transports progresse en décembre (+7,6 %) et ce pour le troisième mois consécutif. La hausse de 5,6 % au 4ème trimestre intervient toutefois après 14 mois de recul continu.

Dans ce contexte, l’élévation du niveau des qualifications des intérimaires se poursuit : les cadres et professions intermédiaires continuent de progresser (+4,4 %), dans le même temps les employés reculent de -4,2 % et l’intérim ouvrier (qui compte pour 72 % des effectifs) diminue de -7,4 %.

   

La majorité des secteurs est en baisse

L’emploi intérimaire est en hausse dans les transports (+7,6 %), mais diminue dans les services (-3,7 %), le BTP (-3,8 %), le commerce (-5,5 %) et l’industrien(-10,2 %).

La majorité des qualifications diminuent

L’emploi intérimaire augmente chez les cadres et professions intermédiaires (+4,4 %). Il recule chez les employés (-4,2 %), les ouvriers non qualifiés (-7,4 %) et les ouvriers qualifiés (-7,4 %).

Toutes les régions sont en baisse

En décembre 2019, l’ensemble des régions voient leurs effectifs intérimaires diminuer.