Publié le 13 octobre 2021

La survenue de la crise sanitaire puis du confinement à partir du 17 mars 2020 ont conduit en quelques jours à l’effondrement de l’emploi intérimaire. En août 2021, la lecture des tendances reste perturbée par la référence à une période atypique (-8,0 % en août 2020 par rapport à août 2019, et ce en tenant compte de l’activité partielle). En conséquence, le commentaire du Baromètre Prism’emploi d’août 2021 porte sur la comparaison avec les données d’août 2019, permettant ainsi un éclairage plus pertinent.

En août 2021, le travail temporaire (contrats de travail temporaire et CDI intérimaires) dénombre 643 841 emplois en équivalent temps plein (ETP), soit 5,6 % de moins qu’en août 2019, correspondant à la destruction de 38 144 ETP par rapport à la situation d’avant crise. 

L’évolution au mois d’août 2021 (sur deux ans) est marquée par une baisse de 1,3 point au regard de la même tendance du mois précédent (-4,3 % en juillet), mais demeure au-dessus du recul moyen observé depuis le début d’année (-6,2 %).

Dans le détail des évolutions sectorielles :

► L’industrie et le BTP, pénalisés par des pénuries de matériaux, subissent une dégradation sur deux ans de respectivement -11,9 % et -13,4 %. 

► Le secteur du commerce, en recul de 4,8 %, connaît une baisse un peu plus marquée que le mois précédent (-2,1 %).

► L’évolution du travail temporaire dans les services, avec -0,5 %, enregistre au contraire, un net redressement par rapport au mois de juillet (-4,4 %) en raison de la tendance à la normalisation dans l’hôtellerie-restauration.

► A rebours des autres secteurs, les effectifs intérimaires des transports-logistique, avec +8,4 % (sur deux ans), poursuivent leur croissance.

Dans ce contexte, le nombre d’intérimaires ouvriers qualifiés, impacté par la conjoncture dans l’industrie et le BTP, recule de 9,9 %. Les autres métiers, portés par la relative tertiairisation des effectifs, enregistrent quant à eux des évolutions supérieures à la moyenne (Cadres et professions intermédiaires : -2,5 % ; employés : -1,5 % ; ouvriers non qualifiés : -4,1 %).

   

La majorité des secteurs sont en baisse

L’emploi intérimaire augmente dans les transports (+8,4 %) mais diminue dans les services (-0,5 %), le commerce (-4,8 %), l’industrie (-11,9 %) et le BTP (- 13,4%).

Toutes les qualifications diminuent

L’emploi intérimaire diminue chez les employés (- 1,5 %), les cadres et professions intermédiaires (- 2,5 %), les ouvriers non qualifiés (-4,1 %) et les ouvriers qualifiés (-9,9 %).

  

     

LE CDI INTÉRIMAIRE

En août 2021, le CDI Intérimaire représente 45 041 ETP soit 7,0 % de l’emploi intérimaire.

Dans un environnement économique et sanitaire appelant à renforcer la sécurisation des parcours, les agences d’emploi ont accru les CDII de 2 154 ETP sur un an, correspondant à une hausse de 5,1 % de ces effectifs.

Sur les territoires, le recours au CDII représente plus de 10 % des intérimaires en Pays de la Loire (11,9 %), en Bourgogne-Franche-Comté (10,3 %) et dans les Haut-de-France (10,0 %). C’est en Ile-de-France et en Bretagne (avec respectivement 4,3 % et 4,6 % des effectifs) que ce type de contrat reste le moins développé.

La répartition géographique des CDII se concentre à plus de 40 % dans 3 régions caractérisées par une forte orientation industrielle : Auvergne-Rhône-Alpes : 13,7 %, Haut-de-France : 13,3 % et Pays de la Loire : 13,3 %.

    

   

LA FRANCE DES RÉGIONS

Août 2021 par rapport à août 2019

Trois régions sont en hausse

Ces divergences sectorielles influencent directement les évolutions géographiques, elles aussi disparates.

Trois des treize régions métropolitaines connaissent un développement du travail temporaire : Pays-de-la-Loire avec +4,4 % ; Nouvelle-Aquitaine avec +2,0 % et Centre Val de Loire avec +0,5 %.
A l’opposé, la situation en Ile-de-France (-13,9 %) et en Bourgogne-Franche-Comté (-12,0 %) demeure préoccupante.