Evènement le 13 mai 2015

Prism’emploi a organisé le 13 mai à Dijon une table ronde, réunissant agences d’emploi, élus et acteurs publics de l’emploi sur le thème : la formation au service de l’emploi, quelle traduction dans les territoires ?Un quarantaine de participants étaient présents.

 Dans une période de profonde mutation (réorganisation territoriale et réforme de la formation professionnelle), quelle est la place de l’intérim dans l’accompagnement des personnes vers l’emploi ? Quelles actions innovantes et efficaces en termes de sécurisation des parcours professionnels peuvent être mises en place ? C’est pour tenter d’apporter des réponses à ces questions, que Patrick Tuphé et Christian Bolognesi, respectivement présidents de Prism’emploi Bourgogne et de Prism’emploi Franche-Comté ont convié les agences d’emploi, les élus et les acteurs publics de l’emploi à échanger à l’occasion d’une table ronde le 13 mai dernier à Dijon.  « Notre modèle social s’est organisé autour de l’emploi à temps plein, en CDI, dans la même entreprise (…).

 

Mais ce modèle s’effrite. Aujourd’hui, on souhaite davantage réussir sa vie que réussir dans la vie, tout simplement en vivant des expériences diverses », a souligné en préambule Océane Charret-Godard, adjointe au maire de Dijon, déléguée à l’emploi, à la formation, à l’insertion et à l’économie sociale et solidaire.  Des mutations, a-t-elle ajouté, qui imposent à chacun « lucidité, clairvoyance et adaptation ». Dans ce contexte, il est plus que jamais nécessaire de faire preuve de réactivité et de développer des actions partenariales innovantes au niveau régional.

Une région qui constitue le bon échelon en matière de formation professionnelle et au sein de laquelle l’intérim a un rôle important à jouer, sont venus rappeler plusieurs intervenants.

Illustration avec deux expériences de collaboration réussie entre les agences d’emploi et les conseils régionaux de Bourgogne et de Franche-Comté, à commencer par l’action « Passerelles de l’intérim » lancée en septembre 2014 avec le conseil régional de Bourgogne. Ce dispositif a été créé dans le sillage de l’expérience « Boost’Avenir » mise en place en 2010 avec l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie (UIMM) afin de renforcer le rapprochement entre les besoins des entreprises de la Métal’Valley et les demandeurs d’emploi du territoire.

« Passerelles de l’intérim » vise à apporter très rapidement un socle de compétences de base à des personnes ne connaissant pas l’industrie pour répondre aux différents besoins des entreprises de la métallurgie. Evaluation en milieu de travail, formation de 28 heures, mission d’intérim, bilan de synthèse, accompagnement tout au long du dispositif… L’action permet aux demandeurs d’emploi d’entamer une réorientation et aux entreprises d’accueillir de nouveaux profils. « Il était important d’associer les acteurs du travail temporaire. Cela a été très bénéfique car il y a eu une vraie réactivité de leur part », a expliqué Emmanuelle Gautheron, responsable emploi formation de l’ UIMM Côte d’Or, avant de saluer le rôle des agences d’emploi dans la mise en place de ce dispositif. « Elles ont réalisé un travail important dans le cadre de la préparation de ces publics. Pour nos entreprises, il est en effet essentiel de pouvoir intégrer des compétences qui soient rapidement opérationnelles ».

 Combiner sécurisation et mobilité.

 Vice présidente du Conseil Régional de Bourgogne en charge de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage, Fadila Khattabi a pour sa part rappelé que « l’intérim ne doit plus être uniquement considéré comme une étape de transition dans un parcours professionnel, mais comme une solution concrète vers l’emploi durable ». Pour elle, le dispositif « Passerelles de l’intérim » permet de favoriser l’intégration des salariés les plus vulnérables en leur donnant les armes pour s’adapter aux mutations auxquelles est confronté un secteur comme celui de la métallurgie et « d’apporter un souffle neuf dans les entreprises ».

Autre exemple de coopération réussie en matière d’accompagnement des transitions professionnelles, le programme « 1000 parcours » lancé en Franche-Comté a mis en évidence la capacité des agences d’emploi à proposer des parcours sécurisants et qualifiés.

A travers ce dispositif, il s’agit de construire en fonction des besoins du bassin d’emploi des parcours sur 3 ans alternant des périodes de mission d’intérim et des périodes de formation afin de « développer les compétences dans une logique de promotion sociale des salariés intérimaires », a souligné Denis Sommer, vice-président du Conseil régional de Franche-Comté, en charge du développement économique, de l’emploi et de la sécurisation professionnelle et de l’économie sociale et solidaire.

Le travail partenarial engagé à cette occasion avec le Fastt, Fonds d’action sociale de la branche, a permis en outre de mettre en place un accompagnement global pour limiter les risques de décrochages pendant le parcours.

Une opération, a expliqué pour sa part Christian Bolognesi, qui met la formation au service de l’emploi et qui combine sécurisation des parcours et mobilité : « Ce type de parcours laisse la possibilité au salarié intérimaire d’évoluer au sein de sa propre filière ou de changer de filière. Et l’on a plus de chance de garder son emploi si on change de filière que si on change de bassin d’emploi ».

Au-delà de ces expériences de terrain, la rencontre dans la capitale bourguignonne avait pour objet d’évoquer la réforme de la formation professionnelle et ses conséquences pour les agences d’emploi en termes de modalités d’accompagnement et de partenariats.

Plusieurs participants ont mis en avant la logique de régionalisation de cette réforme et ont insisté, à l’instar de Denis Sommer, sur la nécessité d’avoir « une vision régionale à plus long terme pour mobiliser l’ensemble des acteurs sur les besoins des territoires ».

Tandis que Pascale d’Artois, directeur du FAF.TT, Fonds d’assurance formation de la branche, soulignait le changement de logique induit par une réforme qui signifie « co-investir, se demander pourquoi financer une formation et en fonction de quel objectif stratégique pour l’entreprise », les présidents de Prism’emploi Bourgogne et Franche-Comté interpellaient les élus régionaux sur l’implication future de la branche dans le conseil en évolution professionnelle et sur le soutien des régions dans la promotion du contrat d’apprentissage en intérim.

L’occasion pour Fadila Khattabi de rappeler que les attentes de la région dans ce domaine sont réelles du fait « de la proximité que les agences d’emploi ont développé avec les territoire et de leur connaissance des entreprises et de leurs besoins ».